Lancement de la Plateforme européenne suisse

Friday, 20. November 2015

La Plateforme européenne suisse (EPS) a été présentée officiellement hier (19 novembre 2015) à Berne. L’EPS réunit des personnalités du domaine de la politique européenne et coordonne les activités des diverses organisation de la société civile qui s’engagent indépendamment les unes des autres pour une politique européenne suisse constructive. 

Lors de cette réunion qui a connu un franc succès, les membres ont affirmé leur volonté de mettre en place une collaboration entre toutes les organisations engagées sur le plan de la politique européenne. Parmi elles se trouvent des organisations traditionnelles telles que le Nouveau mouvement européen Suisse (Nomes), des organisations de jeunesse telles que le think tank de politique étrangère « foraus » ou encore « Operation Libero », mais aussi des organisations telle que « La Suisse en Europe » ou « L’Association suisse de politique étrangère » (ASPE).

Au sein du Comité, les membres suivants ont été élus: Markus Notter (président), Flavia Kleiner (vice-présidente), Thomas Held (trésorier), Dominik Elser, Nicola Forster, Jean-Daniel Gerber, René Jost, Lukas Schürch, Rudolf Wyder. Le Comité est chargé de présenter un agenda pour 2016 et d’organiser une première conférence consultative durant le premier semestre.

Le nouveau site internet www.plateformeeurope.ch a été présenté aux membres. Avec son large agenda, il permet de coordonner toutes les activités et sera mis à jour régulièrement.

De grands défis à venir

Lors de l’assemblée, de nombreux votants ont affirmé que la possibilité de mener une discussion calme et objective concernant les relations Suisse-UE s’est encore dégradée depuis la réunion de l’an dernier. Ceci est dû tant aux crises et aux tensions géopolitiques qu’aux évolutions de politique interne. Les vagues de réfugiés venus des régions en guerre du Proche-Orient mettent le système Schengen-Dublin sous pression – ce qui n’est pas surprenant. Ceci a créé une crise politico-organisationnelle au sein de l’UE – en plus des reproches déjà existant au sujet de son économie – qui a porté préjudice à la légitimité de l’Europe en tant qu’espace de droit et d’ordre. Pour ces raisons, et aussi suite à la campagne nationale aux élections, la Suisse est passée par endroits de l’euroscepticisme à l’europhobie.

Dans la situation actuelle, le débat concernant l’avenir des accords bilatéraux sera encore plus difficile. La question européenne semble avoir été rendue taboue lors de la campagne. Certaines organisations ont certes reconnu le besoin existant d’informations et d’explications, mais les partis se sont totalement soustraits à ces questions, pour des raisons de ressources, mais également pour des raisons tactiques. Il ne semble plus impossible que des votations concernant le droit et par là-même très importante pour la politique européenne (comme par exemple la votation sur l’initiative de mise en oeuvre) soit prématurément abandonnées – c’est-à-dire sans réelle campagne de la part des forces ouvertes européennes – et donc de facto décidée. Si l’on ne redresse pas la barre, une situation similaire menace lorsque l’on revotera directement ou indirectement sur les accords bilatéraux.  

L‘EPS souhaite rendre possible une discussion objective et calme concernant les relations Suisse-Europe et informer de manière impartiale sur les institutions européennes.  Au vu des circonstances actuelles, cet objectif est plus important que jamais. Les représentants des organisations réunies au sein de l’EPS soulignent ainsi que cette nouvelle énergie politique ne doit pas se disperser au sein de tactiques différentes. Ensemble, nous sommes forts et nous engageons pour le développement des relations si particulières entre la Suisse et l’UE.

Couchepin trouve les mots justes

Lors de l’événement public qui a suivi la réunion, l’ancien conseiller fédéral Pascal Couchepin s’est déclaré en faveur d’une Suisse déterminée dans sa coopération avec l’Europe. Il a rappelé le fait que les crises ont toujours croisé le chemin de la réunification européenne et ne sont certainement pas des raisons pour remettre en question une relation saine et réglée entre la Suisse et l’UE. Il faut parfois prendre du recul pour mieux évaluer l’entier de la situation. Et si l’on considère tous les paramètres, l’Union européenne représente toujours un succès de première qualité. Non seulement parce qu’elle a permis d’empêcher des guerres, mais aussi grâce à l’élargissement à l’est suite à la chute de l’impérialisme soviétique. Celle-ci se serait sinon soldée par une catastrophe. Il serait naïf de croire que tout resterait pareil si la Suisse ne respectait pas les accords. Le plus important sur la question européenne est, selon Pascal Couchepin, de ne pas battre en retraite, mais de mener les discussions et les combats de manière offensive. L’engagement politique sera difficile, mais « magnifique ».

Alors que Nicola Forster, membre du think tank de politique étrangère foraus, animait le débat, Flavia Kleiner, vice-présidente de la plateforme européenne Suisse, s’insurgeait contre le refoulement de la question européenne. Les forces libérales parlent d’une « alliance », mais elles sont profondément divisées sur cette question qui représente le défi politique le plus important de la Suisse. Seraina Rohrer, qui travaille pour les Filmtage de Soleure, a souligné le caractère européen du paysage cinématographique suisse. Celui-ci ne peut cependant plus se développer dans d’autres pays depuis que la Suisse ne fait plus partie du programme MEDIA, ce qui désavantage la Suisse au niveau culturel. La discussion s’est terminée par un appel de Michael Hermann, qui fait partie du centre de recherche sotomo. Il a rappelé au public qu’en 2009 plus de 60% des votants avaient accepté l’élargissement des accords bilatéraux aux nouveaux membres de l’UE. La volatilité de l’opinion publique doit donc être vue comme une chance. A l’instar de Pascal Couchepin, Michael Hermann est donc confiant sur le fait que l’euroscepticisme actuel pourra être surmonté.   

Contacts

Président de la Plateforme européenne suisse
Dr. Dr. h.c. Markus Notter, ancien conseiller d‘Etat
+41 44 740 63 65 et +41 79 623 18 53
markus.notter@europaplattform.ch

Vice-présidente de la Plateforme européenne suisse
Flavia Kleiner, Co-présidente d‘Operation Libero
+41 79 710 16 73
flavia.kleiner@europaplattform.ch

 

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